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Le blog du PCF de la Communauté d'Agglomération de Sophia Antipolis
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Courant d'ère (chronique N°3)

Il est temps.

 

 

 

On ne mesure le temps qu’à l’aune des événements. Le temps, en effet, n’est pas immuable ou figé mais est affaire de génération, de rupture avec un ordre ancien et ses modes de pensées.
Ainsi parle-t-on de la condition d’une époque, de l’esprit du temps auxquels on adjoint à loisir le concept « d’idéologie dominante ». Le conflit de génération, c’est lorsque l’individu concerné par les enjeux de son temps reprend ses droits face à la conjoncture bref, contre le statu quo supposé à tort comme inaltérable de notre société présente.
Quiconque ressent ce sentiment, subjectif et enraciné dans la nature-même de l’homme, de pouvoir jouer là où il est un rôle dans l’émancipation du genre humain fait l’épreuve de sa liberté. La rationalité et son pendant effectif, le droit, sont révolutionnaires.
L’état de fait et son échappatoire absurde, le pragmatisme, sont réactionnaires. C’est en ce sens que Spinoza parlait déjà du « refus raisonnable de l’état de chose présent ».
Désenchantons à notre tour ce Monde navrant et proclamons que l’idéologie dominante n’existe que pour ceux qu’elle sert : Il ne saurait exister d’idéologie véritable sans idées.
A l’heure du pragmatisme le plus forcené (sortez vos Rolex…) où le raisonnable consiste en l’acceptation d’états de faits irrationnels et donc injustes, la présence-même du Front de Gauche dans la vie politique et sociale est un événement en-soi. L’événement, c’est la rencontre de gens qui, habituellement, ne se rencontrent pas et décident ensemble de créer une alternative.
C’est ainsi se donner à soi-même sa propre mesure du temps, le nôtre reste celui de la lutte quotidienne, loin des combines électoralistes qui conjurent les Français à être citoyens une fois tous les cinq ans. A cet égard, Le Front de Gauche apparaît comme une rupture en bien des points.
Tout d’abord, il aborde le problème du politique à son origine : Comment rassembler des individus épars ayant une volonté propre ? Ensuite, parce qu’il souhaite faire de la démocratie un besoin, sinon un moyen émancipateur, tandis que les sociaux-libéraux n’y voient qu’une fin (via la « démocratie parlementaire »), un prétexte aux agissements les plus impopulaires.
D’autre part, il s’agit aujourd’hui d’abandonner tout dogmatisme passé ou présent, de transgresser la norme du seul domaine politique pour lui adjoindre celui de la morale : Ce qui doit advenir, la victoire des idées de gauche, n’adviendra que par le concours de toutes les volontés bonnes. Dans cette optique, si l’indignation n’est pas action, gageons qu’elle en soit le commencement : Nos concitoyens se vaccineront aussi contre la bêtise.
Nous franchissons un cap générationnel disions-nous, et c’est la vérité puisque nous avons enfin l’initiative, la possibilité de créer du nouveau et d’incarner un avenir incertain certes, mais prometteur.
Une alliance, voilée ou non, avec le Parti socialiste lors des prochaines élections régionales serait indigne du projet que nous portons désormais et serait, dans une certaine mesure, en parfaite contradiction avec le dévouement qu’ont démontré les militants durant la campagne européenne.
Le temps est précieux, aussi, surtout lorsqu’il s’accorde à l’événement : Nous ne pouvons qu’aller de l’avant ! Cela, en toute liberté…La nôtre.

 

Roman Czapski.

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